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LES ARTISTES ET L ECOLE : POURQUOI ILS FAISAIENT L ECOLE BUISSONNIERE 
On a tous grillé les cours, un jour, quand on était sur les bancs de l’école. Il y en a qui étaient des abonnés à l’école buissonnière. C’est le cas de la plupart des artistes. Pour faire leur métier, certains d’entre eux ont dû souvent quitter le chemin de l’école pour emprunter celui de leur passion. Ou alors, c’était tout simplement pour aller s’amuser ou pour fuir les coups de chicote des enseignants. Mais en général, cela reste un secret bien gardé entre copains « tireurs » de cours. Car, c’est la bastonnade assurée si d’aventure les parents découvraient le pot aux roses. Et parmi les artistes, il y avait des cham-pions en la matière. Dont Nastou Traoré, Guéhi Vêh ou Popolaye… Chacun avait sa technique ainsi que l’endroit où il allait s’amuser au lieu d’être en classe. Découvrez plutôt.

Nastou Traoré (Miss Lolo) : «on le faisait en groupe»

«Je faisais l’école buissonnière avec un petit groupe d’amies depuis la 6ème. Je décidais quel cours on devait sécher. En général, c’étaient les cours d’anglais. Ensuite, pour les autres cours, ça dépendait de mes humeurs. Un jour, j’ai décidé qu’on sèche un cours d’histoire-géo. Or, le prof nous avait déjà vues. A la fin de son cours, il est allé se plaindre à la direction. On nous a suspendues pendant trois jours et nos noms ont été affichés au tableau. Toute l’école savait. Chaque matin, je m’habillais et je faisais semblant d’aller à l’école. Or, j’ignorais que le proviseur en avait parlé à mon père. Le deuxième jour, il m’a demandé où je partais. Quand je lui ai dit que je partais à l’école, il a appelé ses deux femmes pour tout leur dire. J’ai tenté d’expliquer que c’est parce que le proviseur était contre moi. Mais il m’a battue ce jour-là. A force de sécher les cours, j’avais 00/20 en conduite. Et quand j’ai été renvoyée, aucun autre collège ne voulait de moi. Finalement, on m’a prise au Collège Descartes. Là-bas, j’ai vu une fois l’éducateur gifler un élève parce qu’il avait séché un cours. Depuis ce jour, je me suis rangée.»


Guéhi Vêh : il aimait aller pêcher

« C’est dans le village de Miabably que j’ai fait l’école buissonnière. J’avais 10 ans et j’étais au CM2. Les enfants du voisin et moi, on se cachait pour aller nager. Ou bien, on allait pêcher. Parce qu’on en avait marre d’être chicotés tout le temps par les maîtres. J’ai fait l’école buissonnière du CP1 au CM2. Après, je suis parti au collège à Sassandra. C’était difficile de quitter les amis du village, surtout après les congés de Pâques et de Noël. Mais, mes parents ne l’ont jamais su, jusqu’à ce que je quitte les bancs.»



Amoin : pipi en classe !

«J’ai fait ça une seule fois. C’était à Yamoussoukro et j’étais au CE1. Avant, on était grands quand on partait à l’école. On s’asseyait à 2 ou 3 sur un même banc. J’avais le malheur d’être assise entre deux grands gaillards. Puis un jour, j’ai eu envie de faire pipi. Quand j’ai voulu passer, mon voisin qui était à l’extrémité du banc ne voulait pas. Je ne pouvais pas non plus passer l’autre côté, puisque notre table était collée au mur. Finalement, j’ai pissé sous la table. Les autres élèves m’ont vue et ont commencé à se moquer de moi en disant : «grand gaillard pissé !». J’ai déserté la classe pendant une semaine en faisant la malade imaginaire. Quand le maître a su ça, il m’a fait revenir et m’a fait changer de place»


Clé Clé (Clémentine Papouet) : elle allait nager avec ses copains

«Ouh ! je faisais ça beaucoup ! (Elle rigole). Je prenais mon argent du petit déjeuner pour aller regarder les films hindous ou de Bruce Lee au cinéma Magic, à Marcory. En ce moment-là, j’étais au CE2. Je profitais de l’heure de la récréation pour y aller. La maîtresse l’a remarqué, et elle en a parlé à ma maman. Un jour, cette dernière est allée m’attendre à la sortie du cinéma. Quand elle m’a attrapée, elle m’a copieusement bastonnée… Quand je ne partais pas au cinéma, j’allais nager avec des amis dans la lagune. J’étais la seule fille au milieu de huit garçons. J’étais tout le temps en compagnie des garçons, c’est ce qui explique mon côté garçon manqué. Au collège, je n’ai pas eu l’occasion de sécher les cours, parce que j’étais surveillée. Le proviseur était l’ami de mon papa. En plus, on savait que j’avais l’habitude de sécher les cours au primaire, donc la surveillance était stricte. Mais, je déconseille aux enfants de faire l’école buissonnière. (Elle rit)».


Jimmy Danger : il se cachait dans le train

« Moi, c’est au CP2 que je le faisais. On était à Attécoubé, et après mes parents ont emménagé à Yopougon. C’était en pleine année scolaire et je devais venir tous les matins à Attécoubé. En tout cas, je suis sûr que sur les 9 mois, j’ai fait au moins 4 mois d’école buissonnière. Je le faisais avec des amis. D’adjamé, on prenait le train pour aller à Abobo. On choisissait le moment où le train ralentissait pour sauter dedans! On allait jusqu’à la gare où il y avait un grand dépôt de mangues à l’air libre. On allait manger ces mangues-là. Et le soir, on reprenait le train pour rentrer. Le jour que ma maman m’a attrapé, elle m’a corrigé. A l’époque, je devais avoir 9 ans, parce qu’on était déjà âgés quand on nous inscrivait au CP1.»

Popolaye : il allait à la chasse

«Au CE1, je partais chasser les oiseaux avec mes amis, dans la forêt du banco. On jouait les Tiéni gbanani, quoi. Mais les parents ne le savaient pas. Au collège, comme j’étais beaucoup sportif, il m’arrivait de tirer les cours pour aller jouer au foot. J’étais à l’internat, à Agboville où mon grand frère venait me voir. Mais en grandissant, on a commencé à se ressaisir, parce qu’il fallait savoir ce qu’on veut. Comme la musique était là, je me suis consacré à ça après la Terminale, en 1998. On dit chanter, c’est prier 1000 fois. Donc, voilà.»


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